« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
 Matthieu 20,28

Cette parole de Jésus renverse notre conception habituelle de la grandeur. Dans le monde, les personnes importantes se font souvent servir. Dans l’Évangile, le plus grand est celui qui se met au service des autres.
Mais que signifie vraiment « servir » ? Quelle différence existe-t-il entre un servant, un serviteur et un esclave ?

Une autre manière d’exercer l’autorité

La parole de Jésus répond à la demande de la mère de Jacques et Jean : elle voudrait que ses fils occupent les meilleures places dans le Royaume. Les autres disciples s’indignent, peut-être parce qu’ils désirent eux aussi être reconnus.
Jésus leur explique alors que les chefs de ce monde font sentir leur pouvoir, puis il ajoute :

« Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. »
— Matthieu 20,26-27

Le Christ ne rejette pas toute responsabilité ou toute autorité. Il en transforme profondément le sens. Dans la communauté chrétienne, l’autorité n’est pas donnée pour dominer, mais pour faire grandir, protéger et servir.

Le servant : celui qui accomplit un service

Le mot servant désigne généralement celui qui remplit une fonction précise. Dans l’Église, nous parlons notamment des servants d’autel. Ils participent au service de la liturgie en portant la croix, en accompagnant le prêtre ou en préparant l’autel.
Le mot met donc surtout l’accent sur une action : le servant accomplit un service à un moment déterminé.
Mais Jésus nous appelle à aller plus loin. Il ne nous demande pas seulement de rendre quelques services. Il nous invite à devenir intérieurement des serviteurs.

Le serviteur : celui qui se rend disponible

Le serviteur ne se définit pas seulement par ce qu’il fait, mais par son attitude. Il accepte de se rendre disponible et de mettre ses capacités au service du bien d’un autre.
Le véritable serviteur commence par regarder, écouter et discerner. Il ne cherche pas à s’imposer ni à devenir indispensable. Il se demande plutôt :

  • De quoi cette personne a-t-elle réellement besoin ?
  • Comment puis-je l’aider à grandir ?
  • Quelle place puis-je lui laisser ?
  • Comment servir sans attendre d’être admiré ou remercié ?

Le service chrétien n’est pas une manière détournée de rechercher la reconnaissance. Jésus ne sert pas pour être félicité : il sert parce qu’il aime.

L’esclave : une image volontairement radicale

Jésus emploie également un mot beaucoup plus fort : esclave. Dans le monde antique, l’esclave ne s’appartenait pas et dépendait entièrement de son maître.
Jésus ne justifie évidemment pas l’esclavage. Il utilise une réalité connue de ses auditeurs pour renverser leur désir de pouvoir : celui qui veut être le premier doit renoncer à dominer et accepter la dernière place.
Cette image nous invite à servir sans calculer ce que nous recevrons en retour. Mais le disciple du Christ n’est pas privé de liberté ou de dignité. Il est un enfant de Dieu qui choisit librement de se donner par amour. Le service chrétien n’est donc pas une soumission forcée : c’est une liberté offerte.

Jésus ne vient pas seulement rendre service

Nous pouvons rendre service tout en restant à distance. Jésus, lui, donne sa vie.
Il accueille les malades, les pauvres, les pécheurs et les personnes rejetées. Il lave les pieds de ses disciples, relève ceux qui sont tombés et pardonne. Sur la Croix, il va jusqu’au bout du don de lui-même.
Lorsqu’il affirme qu’il donne sa vie « en rançon pour la multitude », Jésus annonce un service total. Il vient libérer l’humanité de tout ce qui l’enferme : le péché, la peur, la haine et la mort.
Sa puissance ne consiste pas à écraser, mais à relever. Son autorité ne consiste pas à prendre la vie des autres, mais à donner la sienne.

Qui sommes-nous prêts à servir ?

Dans notre Unité Pastorale, les occasions de servir sont nombreuses : accueillir une personne nouvelle, visiter un malade, accompagner un jeune, écouter quelqu’un qui souffre, préparer une célébration, prendre soin de nos églises ou partager la Parole de Dieu.
Tous les services ne sont pas visibles. Certains se vivent dans le silence et ne reçoivent aucun remerciement. Pourtant, aucun geste accompli par amour n’est petit aux yeux de Dieu.
La question n’est donc pas seulement : « Quel service puis-je rendre ? » Elle est aussi : « De qui suis-je prêt à me faire proche ? »

En route vers la Mission rédemptoriste 2027

La Mission rédemptoriste de 2027 nous invitera à sortir de nos habitudes pour aller à la rencontre de ceux qui se sont éloignés de l’Église, de ceux qui ne la connaissent pas encore, de ceux qui souffrent ou qui n’osent plus franchir la porte de nos communautés.
Être missionnaire ne signifie pas imposer une parole. C’est d’abord adopter l’attitude de Jésus : écouter, accueillir, rejoindre, servir et aimer.
Nous ne préparons donc pas seulement une semaine particulière. Nous sommes appelés à devenir une Unité Pastorale en mission, dans laquelle chacun peut offrir ses dons au service de tous.
À l’approche de la Mission 2027, demandons-nous :
Qui le Christ m’appelle-t-il à servir aujourd’hui ? Vers qui m’envoie-t-il ?
Car le véritable missionnaire marche à la suite de Celui qui « n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ».